Comment aider les animaux face aux sécheresses et aux canicules ?
Un point d’eau peut sauver une vie. Mais pour être réellement utile, il doit être bien conçu, bien placé et régulièrement entretenu.
Les sécheresses et les épisodes de canicule deviennent plus fréquents et plus intenses. En 2026, la situation a été particulièrement préoccupante : assèchement de mares et de petits cours d’eau, végétation desséchée, feux de forêt, raréfaction des ressources alimentaires et déplacements inhabituels de nombreux animaux.
La LPO a elle-même lancé durant l’été 2026 une mobilisation nationale pour multiplier les abreuvoirs destinés à la faune sauvage. Elle rappelle qu’un simple récipient peu profond, placé à l’ombre et muni d’une pierre ou d’une pente permettant aux animaux de sortir de l’eau, peut déjà rendre service.
Mais faut-il pour autant installer des abreuvoirs partout ?
Non.
Il faut avant tout comprendre où se trouve le besoin, quelles espèces fréquentent le secteur et comment proposer de l’eau sans créer un piège ou perturber inutilement le fonctionnement du milieu.
C’est dans cet esprit que La Haie Sauvageonne souhaite travailler sur la question de l’abreuvement de la faune sauvage en période de sécheresse.
Pourquoi les animaux ont-ils besoin de notre aide ?
Un animal sauvage dispose normalement de tout ce dont il a besoin dans son environnement : nourriture, abris et points d’eau.
Mais lorsque les petits cours d’eau s’assèchent, que les mares disparaissent, que les fossés ne contiennent plus une goutte d’eau et que les températures restent très élevées jour et nuit, cette ressource peut devenir difficile, voire impossible à trouver.
La sécheresse ne concerne d’ailleurs pas uniquement l’eau visible.
Le manque de précipitations entraîne une baisse de l’humidité des sols, affecte la végétation et peut également réduire les débits des cours d’eau et les niveaux des nappes. Ces phénomènes peuvent se combiner et fragiliser les écosystèmes.
Les animaux peuvent alors être confrontés à plusieurs difficultés simultanées :
- manque d’eau pour boire ;
- difficultés à trouver une nourriture suffisamment hydratée ;
- perte de végétation et de zones refuges ;
- déplacements plus importants pour trouver de l’eau ;
- exposition accrue aux routes et aux activités humaines ;
- fatigue et déshydratation ;
- concentration des animaux autour des derniers points d’eau disponibles.
Les oiseaux et les petits mammifères sont particulièrement visibles lors des épisodes de chaleur, mais ils ne sont pas les seuls concernés.
Faut-il laisser la nature s’adapter ?
C’est une question légitime.
La nature possède une extraordinaire capacité d’adaptation. Les espèces se déplacent, modifient leurs comportements et certaines parviennent à s’accommoder de conditions nouvelles.
Mais cela ne signifie pas que toutes les espèces pourront suivre le rythme des changements.
Et surtout, nous avons profondément modifié les milieux dans lesquels elles vivent : disparition des mares, drainage, artificialisation, fragmentation des habitats, routes, disparition des haies et des arbres, etc.
Nous ne pouvons pas réparer seuls les conséquences du changement climatique.
Nous pouvons cependant intervenir ponctuellement lorsque des conditions exceptionnellement difficiles mettent directement des animaux en danger.
Notre objectif n’est donc pas de remplacer la nature.
Il s’agit de lui donner un coup de pouce lorsque cela est nécessaire, sans perturber davantage son fonctionnement.
2026 : beaucoup de bonne volonté, mais encore peu d’organisation
Durant l’été 2026, les initiatives se sont multipliées.
Particuliers, associations, chasseurs et collectivités ont installé des récipients ou des points d’eau pour permettre aux animaux de boire.
La LPO a encouragé les particuliers, collectivités et gestionnaires d’espaces verts à installer des abreuvoirs peu profonds et à renouveler régulièrement l’eau.
Certaines initiatives sont allées plus loin.
À Darois, en Côte-d’Or, le conseil municipal a adopté en juillet 2026 un plan d’action communal pour la préservation de la faune sauvage en période de sécheresse et de canicule. La commune a travaillé avec différents acteurs du territoire afin d’expérimenter des points d’eau pour la faune.
Cette expérience est particulièrement intéressante parce qu’elle montre qu’une commune peut réunir autour d’une même table des acteurs qui n’ont pas nécessairement l’habitude de travailler ensemble : élus, forestiers, associations naturalistes, représentants du monde cynégétique et acteurs des espaces naturels.
C’est probablement l’une des clés du problème.
Il ne s’agit pas que chacun fasse quelque chose dans son coin.
Il faut pouvoir observer, identifier les besoins, agir, suivre les résultats et partager les expériences.
Un abreuvoir n’est pas simplement un récipient rempli d’eau
Une coupelle posée au bord d’une fenêtre peut être très utile.
Mais dans un espace naturel, la réflexion doit être plus poussée.
Un bon point d’eau doit notamment répondre à plusieurs questions :
L’animal peut-il atteindre l’eau ?
Un oiseau, un hérisson, un écureuil et un chevreuil n’ont évidemment pas les mêmes besoins ni les mêmes capacités.
Peut-il repartir ?
C’est essentiel.
Un animal qui tombe dans un récipient doit pouvoir en sortir facilement.
Une branche, une pierre, une pente rugueuse ou une rampe peuvent constituer une aide précieuse.
Le récipient est-il adapté ?
Un bac trop profond peut devenir un piège pour les petits animaux.
Un récipient trop petit peut être inutilisable par les mammifères.
L’emplacement est-il pertinent ?
Un abreuvoir placé au milieu d’un secteur dépourvu de vie ne servira probablement pas à grand-chose.
À l’inverse, un point d’eau placé près d’une haie, d’un bosquet, d’une lisière ou d’un corridor de déplacement peut être beaucoup plus intéressant.
L’eau peut-elle être entretenue ?
Un point d’eau qui n’est jamais nettoyé ou renouvelé peut devenir un problème plutôt qu’une solution.
La LPO recommande notamment de renouveler régulièrement l’eau, et indique un renouvellement quotidien pour limiter les risques sanitaires et la prolifération des moustiques.
Notre principe : aider sans créer un nouveau problème
Un point d’eau artificiel peut attirer de nombreux animaux.
C’est précisément ce qui fait son intérêt… mais aussi ce qui peut poser problème.
Des travaux scientifiques menés en France ont montré que les points d’eau peuvent devenir des lieux d’interactions entre différentes espèces sauvages et constituer, dans certains contextes sanitaires, des interfaces favorisant la transmission de certains agents pathogènes.
Cela ne signifie pas qu’il ne faut pas installer d’abreuvoirs.
Cela signifie qu’il faut les gérer intelligemment.
Nous recommandons donc :
- de ne pas nourrir les animaux autour du point d’eau ;
- de renouveler régulièrement l’eau ;
- de nettoyer le récipient ;
- de surveiller la fréquentation ;
- d’éviter une concentration excessive d’animaux ;
- d’observer l’apparition éventuelle d’animaux malades ;
- de déplacer ou retirer temporairement un dispositif si son fonctionnement pose problème.
Où installer un point d’eau ?
L’emplacement est probablement aussi important que l’abreuvoir lui-même.
Avant d’installer un dispositif, il faut rechercher les signes montrant qu’un secteur est réellement fréquenté par la faune.
Rechercher notamment :
- des traces de passage ;
- des coulées ;
- des empreintes ;
- des crottes ;
- des terriers ;
- des nids ;
- des observations régulières ;
- des points d’eau naturels récemment asséchés ;
- des haies, bosquets ou lisières utilisés comme refuges.
Un bon site peut se trouver à proximité :
- d’une mare temporaire asséchée ;
- d’un petit cours d’eau qui ne coule plus ;
- d’une haie ;
- d’un bosquet ;
- d’une lisière forestière ;
- d’une zone humide en voie d’assèchement ;
- d’un corridor de déplacement.
La LPO recommande également un emplacement ombragé et suffisamment dégagé pour permettre aux animaux de surveiller les alentours et les éventuels prédateurs.
Mais « dégagé » ne signifie pas nécessairement « au milieu d’un espace totalement ouvert ».
L’animal doit pouvoir boire et repartir rapidement vers un refuge.
Éviter les routes
Un point d’eau peut malheureusement avoir l’effet inverse de celui recherché s’il pousse les animaux à traverser une route.
C’est particulièrement important pour les mammifères.
Si l’on constate qu’un animal doit traverser une route pour rejoindre l’abreuvoir, le dispositif est probablement mal placé.
L’expérience menée à Darois en 2026 illustre bien ce problème : dans un contexte de sécheresse et après un incendie, des animaux quittaient la forêt à la recherche d’eau et se rapprochaient des axes routiers.
Un point d’eau doit donc autant que possible réduire les déplacements dangereux, et non les augmenter.
Quel volume d’eau ?
Il n’existe pas un volume universel qui conviendrait à tous les sites.
Un abreuvoir installé sur un balcon n’a évidemment pas les mêmes besoins qu’un dispositif destiné à des chevreuils dans une forêt.
Le volume doit être déterminé en fonction :
- des espèces visées ;
- de la fréquentation ;
- de la température ;
- de la vitesse d’évaporation ;
- de la disponibilité de l’eau ;
- de la fréquence possible des passages pour le remplissage ;
- de la présence éventuelle de sangliers ou d’autres animaux susceptibles de dégrader le dispositif.
Plus gros n’est donc pas nécessairement mieux.
Une grande réserve peut attirer davantage d’animaux et devenir plus difficile à entretenir.
À l’inverse, un petit récipient peut être vidé en quelques heures lors d’une forte chaleur.
Notre approche consiste donc à privilégier le bon volume pour le bon site, plutôt qu’un chiffre présenté comme une règle générale.
Trois modèles pour trois situations
Nous proposons trois niveaux de réalisation.
Modèle 1 — La coupelle de proximité
Pour les particuliers
C’est la solution la plus simple.
Un récipient peu profond placé :
- à l’ombre ;
- sur une surface stable ;
- à proximité d’une végétation refuge ;
- hors d’accès des animaux domestiques lorsque cela est possible.
Ajouter une pierre, une branche ou une petite rampe rugueuse permet aux animaux tombés dans l’eau de ressortir.
Ce dispositif convient notamment aux oiseaux, insectes et petits mammifères.
Il doit être contrôlé et nettoyé très régulièrement.
Quelques litres d’eau bien placés et régulièrement renouvelés peuvent déjà être utiles.
La LPO recommande elle aussi les récipients peu profonds et la présence d’une pierre ou d’une pente douce pour éviter les noyades.
Modèle 2 — L’abreuvoir renforcé
Pour un jardin, une association ou une petite collectivité
Ce modèle repose sur un bac plus robuste.
Il peut être installé :
- directement au sol ;
- dans une zone ombragée ;
- sur une base stable ;
- avec une zone d’accès progressive ;
- avec au moins une possibilité évidente de sortie.
Le bac doit pouvoir être vidé et nettoyé facilement.
On peut prévoir une alimentation manuelle à partir de bidons ou d’une réserve d’eau de pluie lorsque cela est possible et autorisé.
Principe de conception
Une partie peu profonde + une partie plus profonde + une rampe de sortie.
L’objectif n’est pas de fabriquer une mini-piscine.
L’objectif est de disposer d’une réserve suffisante pour éviter un remplissage permanent tout en restant facile à surveiller et à entretenir.
Modèle 3 — La station multi-espèces
Pour un projet communal ou associatif
C’est le modèle qui nous intéresse particulièrement.
Plutôt que de chercher à construire un énorme bac accessible à tous les animaux, nous proposons de réfléchir à une station composée de plusieurs zones d’abreuvement.
Par exemple :
Zone A : petite faune
Peu profonde, accessible aux oiseaux, insectes et petits mammifères.
Zone B : mammifères de taille moyenne
Plus grande, avec pente douce et sortie sécurisée.
Zone C : grands mammifères
Accès plus large et dispositif suffisamment robuste.
Ces différents espaces peuvent être séparés de quelques mètres.
Cette conception présente plusieurs avantages :
- chaque animal dispose d’un accès adapté ;
- les petits animaux ne sont pas obligés de partager un grand bac profond ;
- on peut mieux contrôler la fréquentation ;
- un problème sur une zone n’entraîne pas nécessairement la fermeture de toute la station.
Il vaut parfois mieux plusieurs petits points d’eau bien conçus qu’un seul grand bac censé convenir à tout le monde.
Le principe absolu : pouvoir sortir de l’eau
Nous insistons particulièrement sur ce point.
Un bon abreuvoir n’est pas seulement un endroit où l’animal peut boire.
C’est un endroit où il peut boire sans risque de mourir s’il tombe dans l’eau.
Prévoir systématiquement :
- une pierre stable ;
- une branche ;
- une pente ;
- une rampe rugueuse ;
- ou plusieurs dispositifs de sortie.
La solution doit être solidement fixée et ne pas pouvoir basculer sous le poids d’un animal.
Faut-il mettre de l’eau potable ?
Attention : il n’existe pas une réponse générale valable partout.
En période de sécheresse, les prélèvements et usages de l’eau peuvent être soumis à des restrictions définies localement par arrêté préfectoral.
Le Code de l’environnement prévoit que les arrêtés-cadres départementaux déterminent notamment les niveaux de gravité et les mesures de restriction applicables selon les usages.
Il ne faut donc pas déduire automatiquement d’un texte concernant l’abreuvement des animaux qu’un particulier ou une association peut utiliser librement l’eau potable, un forage ou un prélèvement dans le milieu naturel.
Par exemple, l’arrêté ministériel du 30 juin 2023 qui prévoit une exemption concernant « l’abreuvement, la santé, la survie et le bien-être des animaux » s’applique au régime des installations classées concerné par cet arrêté. Il ne constitue pas, à lui seul, une autorisation générale pour tous les usages privés.
Notre recommandation
Avant toute opération organisée en période de sécheresse :
consulter les restrictions locales et vérifier l’origine de l’eau.
Le portail officiel VigiEau permet de connaître les restrictions applicables dans son secteur.
Pour une opération portée par une commune ou une association, il est préférable de contacter les services compétents lorsque la situation n’est pas claire.
L’eau de pluie : une piste intéressante
Lorsque cela est possible, la récupération d’eau de pluie peut constituer une solution intéressante pour alimenter temporairement certains dispositifs.
C’est notamment la solution présentée dans l’expérience de Darois en 2026, où des points d’eau ont été alimentés avec de l’eau récupérée.
Mais là encore, le stockage et l’utilisation de l’eau doivent être pensés en fonction :
- des conditions sanitaires ;
- de la qualité de l’eau ;
- de la réglementation ;
- de la possibilité de renouvellement ;
- du volume disponible.
Comment savoir si un secteur a besoin d’un point d’eau ?
C’est l’une des questions auxquelles nous souhaitons travailler avec La Haie Sauvageonne.
Nous proposons de ne pas installer un abreuvoir uniquement parce qu’un endroit semble sec.
Avant l’installation, observer.
Pendant quelques jours, voire plusieurs semaines lorsque la situation le permet, rechercher :
- les traces d’animaux ;
- les passages ;
- les zones de repos ;
- les anciens points d’eau ;
- les déplacements vers les cours d’eau ;
- les traversées de routes ;
- les espèces présentes.
Une caméra automatique peut également être utilisée lorsque le contexte le permet.
Elle permet de répondre à des questions simples :
Quels animaux fréquentent réellement le secteur ?
À quelles heures ?
Combien d’animaux passent ?
Existe-t-il déjà un point d’eau naturel ?
Les animaux doivent-ils traverser une route pour boire ?
Le point d’eau installé est-il réellement utilisé ?
Des études scientifiques ont justement utilisé des pièges photographiques pour étudier la fréquentation et les interactions autour des points d’eau.
Notre future grille d’évaluation
Pour aider les communes et associations à prendre une décision, La Haie Sauvageonne souhaite développer une fiche simple permettant d’évaluer chaque site.
Exemple de critères
1. Le secteur est-il réellement fréquenté par la faune ?
2. Existe-t-il un point d’eau naturel à proximité ?
3. Ce point d’eau est-il temporairement ou durablement asséché ?
4. Les animaux doivent-ils parcourir une longue distance pour trouver de l’eau ?
5. Existe-t-il un risque routier ?
6. Le site offre-t-il des zones refuges ?
7. Le site peut-il être maintenu à l’ombre ?
8. Peut-on accéder facilement au point d’eau pour l’entretien ?
9. Quelle quantité d’eau est réellement disponible ?
10. Quelles espèces pourraient fréquenter le dispositif ?
11. Le dispositif risque-t-il d’attirer une concentration excessive d’animaux ?
12. Qui assurera le remplissage et le nettoyage ?
Cette fiche pourra évoluer avec les retours d’expérience.
Un point d’eau doit avoir un responsable
Installer un bac est relativement facile.
Le maintenir correctement pendant plusieurs semaines est beaucoup plus difficile.
Avant de mettre un point d’eau en place, il faut donc répondre à une question simple :
Qui s’en occupera ?
Il faut prévoir :
- le remplissage ;
- le contrôle ;
- le nettoyage ;
- le remplacement éventuel ;
- l’observation de la fréquentation ;
- le retrait lorsque le dispositif n’est plus nécessaire.
Un point d’eau abandonné après quelques jours n’est pas une solution durable.
Et si l’eau devient à son tour un problème ?
La présence d’eau peut attirer les animaux.
Mais une concentration excessive peut favoriser les contacts entre individus et entre espèces.
Cela peut notamment poser des problèmes sanitaires dans certains contextes.
C’est pourquoi nous recommandons de rester attentif.
Si vous observez :
- une concentration inhabituelle d’animaux ;
- des animaux malades ;
- des cadavres à proximité ;
- une eau très souillée ;
- un développement important d’algues ou de larves ;
- une dégradation importante du terrain ;
- une fréquentation massive par les sangliers ;
il faut réévaluer le dispositif.
Le retirer temporairement ou le déplacer peut être la meilleure décision.
Et les sangliers ?
C’est une question à ne pas négliger.
Un grand volume d’eau peut devenir particulièrement attractif pour les grands mammifères.
Or une forte fréquentation par les sangliers peut provoquer :
- destruction du dispositif ;
- retournement du bac ;
- dégradation du sol ;
- boue ;
- augmentation de la fréquentation du site ;
- concentration d’animaux.
Il n’existe pas de volume magique permettant d’éviter ce problème.
Il faut donc adapter le dispositif au contexte local.
Dans certains secteurs, plusieurs petits points d’eau peuvent être préférables à une seule grande réserve.
Avant de créer un abreuvoir : protéger l’eau qui existe déjà
L’abreuvoir artificiel ne doit pas devenir notre seule réponse.
La meilleure solution reste souvent de conserver ou restaurer les points d’eau naturels.
Lorsque cela est possible, il faut donc également agir sur :
- les mares ;
- les haies ;
- les arbres ;
- les bosquets ;
- les zones humides ;
- les fossés ;
- les petits cours d’eau ;
- les zones d’ombre ;
- les sols capables de retenir l’eau.
La LPO recommande d’ailleurs la création ou la préservation de mares, la plantation de haies et d’arbres, ainsi qu’une gestion plus favorable des jardins et espaces verts.
Un abreuvoir peut être une solution d’urgence.
Une mare, une haie ou un arbre sont des solutions beaucoup plus durables.
Chacun peut agir
Il n’est pas nécessaire d’être une commune ou une association pour aider.
À la maison
Une simple coupelle d’eau peu profonde peut déjà permettre à des oiseaux et à de petits animaux de boire.
Placez-la à l’ombre, sécurisez-la avec une pierre ou une branche et renouvelez régulièrement l’eau.
Dans un jardin
Vous pouvez aller plus loin :
- créer une petite mare ;
- planter une haie ;
- conserver des zones d’ombre ;
- laisser une partie du jardin moins entretenue ;
- conserver du bois mort ;
- créer des zones refuges.
Dans une commune
La commune peut identifier les secteurs prioritaires, travailler avec les associations et les gestionnaires d’espaces naturels, prévoir les modalités d’approvisionnement en eau et organiser le suivi des installations.
Dans une association
Elle peut apporter :
- des connaissances naturalistes ;
- des bénévoles ;
- du matériel ;
- des observations ;
- des outils de suivi ;
- un retour d’expérience.
Notre objectif pour les prochaines années
L’été 2026 nous a montré qu’une véritable mobilisation était possible.
Il nous a également montré les limites d’une action improvisée.
La Haie Sauvageonne souhaite donc continuer à travailler sur ce sujet pendant les périodes où l’urgence est retombée.
L’objectif est de profiter de l’automne et de l’hiver pour préparer les prochaines années :
- améliorer les modèles d’abreuvoirs ;
- tester différents dispositifs ;
- déterminer les critères d’un bon emplacement ;
- développer une fiche d’évaluation ;
- recueillir les expériences des communes et associations ;
- documenter les points d’eau existants ;
- réfléchir à des méthodes de suivi ;
- identifier les acteurs susceptibles de travailler ensemble ;
- préparer des solutions utilisables rapidement lors d’une prochaine sécheresse.
L’objectif n’est pas de remplir la campagne de bacs d’eau.
L’objectif est de savoir où, quand, pourquoi et comment intervenir lorsque cela devient nécessaire.
Vous souhaitez participer ?
Vous avez installé un point d’eau ?
Vous avez observé un secteur particulièrement touché par la sécheresse ?
Vous avez conçu un système qui fonctionne bien ?
Vous êtes une commune, une association, un agriculteur, un forestier ou un particulier et vous avez une expérience à partager ?
Nous sommes intéressés par votre retour.
Vos observations peuvent contribuer à améliorer les solutions proposées ici.
Quelques règles essentielles à retenir
1. De l’eau, oui. Mais au bon endroit.
Un point d’eau inutile ou mal placé ne sert à rien.
2. Aucun animal ne doit pouvoir se noyer.
Prévoir une pierre, une branche, une pente ou une rampe de sortie.
3. Privilégier l’ombre et la proximité d’un habitat favorable.
Un animal doit pouvoir boire puis rejoindre rapidement un refuge.
4. Entretenir l’abreuvoir.
Renouveler régulièrement l’eau et nettoyer le récipient.
5. Observer la fréquentation.
Un point d’eau doit être suivi et adapté si nécessaire.
6. Ne pas provoquer de traversée dangereuse.
Un dispositif ne doit pas attirer les animaux vers une route.
7. Vérifier la réglementation sur l’eau.
Les restrictions sécheresse sont locales et évolutives.
8. Ne pas oublier les solutions naturelles.
Préserver une mare, une haie ou un arbre peut être plus efficace qu’un bac d’eau.
Aider, mais aider intelligemment
Nous ne sauverons pas la biodiversité avec quelques abreuvoirs.
Nous ne pouvons pas non plus compenser avec quelques litres d’eau les conséquences du changement climatique.
Mais cela ne signifie pas que nous devons rester immobiles.
Lorsqu’un animal sauvage souffre parce que son environnement ne lui permet plus de trouver l’eau dont il a besoin, lui offrir temporairement une ressource peut être un geste simple et utile.
Aider la faune ne signifie pas vouloir tout contrôler.
Cela signifie parfois simplement lui donner une chance supplémentaire.
Et si nous sommes capables de le faire collectivement, intelligemment et avec respect du fonctionnement des écosystèmes, alors quelques litres d’eau peuvent prendre un tout autre sens.
Pour aller plus loin
LPO – Urgence : des abreuvoirs pour la faune sauvage
Recommandations pratiques pour les particuliers, collectivités et gestionnaires d’espaces verts.
INRAE – Sécheresses : partager les ressources en eau et les préserver
Comprendre les différents types de sécheresse et leurs conséquences sur les écosystèmes.
VigiEau
Pour vérifier les restrictions d’eau applicables localement.
OFB / travaux scientifiques sur les points d’eau
Les points d’eau peuvent modifier les interactions entre espèces et doivent donc être gérés avec précaution.
Retour d’expérience de Darois (Côte-d’Or)
Une démarche communale réunissant plusieurs acteurs autour de l’abreuvement de la faune sauvage.
